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Mon voisin Totoro.

 
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Esus


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MessagePosté le: Sam 18 Avr - 20:38 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

 
 
 
 
Film d’animation de Hayao Miyazaki.
Japon, 1988, 86 mn, couleur.
Tonari no totoro (Mon voisin Totoro).
Oeuvre originale, scénario, réalisation : Hayao Miyazaki. 
Producteur du projet : Yasuyoshi Tokuma.
Directeur artistique, décors : Kazuo Oga. 
Directeur de l'animation : Yashiharu Sato. 
Chef coloriste : Michiyo Yasuda.
Prises de vue : Hisao Shirai. 
Musique originale, composition et arrangement des génériques : Joe Hisaishi. 
 
 
 
Nouvelle fiche. Aujourd’hui, je m’attaque à une autre œuvre majeur de l’univers du grand et unique Hayao Miyazaki : Mon voisin Totoro

Par avance, un peu comme à chaque fois quand je présente un film ou un manga né du génie qui caractérise Miyazaki, je préviens qu’il est difficile de présenter pleinement cette œuvre. 

Et avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que malgré mon âge j’ai apprécié ce film, qui, d’ailleurs, a le même âge que moi (nous sommes tous deux de 1988). Mon Voisin Totoro, comme souvent avec Miyazaki, est comme une ode à la poésie et à l’invasion, à la sérénité après l’avoir regardé, c’est une invitation à rêver tout simplement. 
 

Histoire. 
 
 
 
La petite Mei Kusakabé (quatre ans) et sa grande sœur Satsuki (dix ans) accompagnent leur père dans leur nouvelle maison. Ils se rapprochent ainsi du village où se trouve hospitalisée leur mère.  
Cette dernière doit bientôt sortir de l'hôpital et ce lieu lui permettra de se reposer dans un environnement agréable. Les deux fillettes sont toutes deux amenées à rencontrer l'esprit protecteur et discret de la grande forêt d'à coté. Mei lui donne le nom de Totoro. Le Totoro est une créature rare et fascinante. Il dort le jour, mais les nuits de pleine lune, il aime jouer avec des ocarinas magiques. Il peut voler et est invisible aux yeux des adultes. 
 
Cet étonnant personnage est accompagné de deux de ses semblables, bien qu'ils soient de moindres tailles : Chû-Totoro (bleu et moyen) et Chibi-Totoro (blanc et petit). Dès lors, Mei n'a de cesse de rechercher Totoro et de passer du temps en sa compagnie. Elle découvrira notamment les divers et impressionnants pouvoirs de son nouveau compagnon, ainsi que son entourage pour le moins singulier.  
 
 
 
Personnages. 
 
 
 
Satsuki : grande sœur de Mei, âgée de 10 ans, elle va à l'école primaire et s'occupe des taches domestiques. Lorsque sa mère a été hospitalisée, son père travaillant toute la journée elle a dû grandir plus vite que la normale, c’est donc petite fille très mature et courageuse mais qui malgré tout ne rate pas une occasion pour partager les jeux de Mei. Satsuki Kusakabé est joyeuse, dynamique et pleine d'imagination.   
 
 
 
 
 
Mei : elle a le caractère de la « petite », un peu butée, capricieuse et qui pleure quand elle est contrariée. Tout au long du film, c'est elle qui nous fait découvrir la forêt et la nature.   
 
 
 
 
 
Le père : bien qu’absent souvent car il est professeur à l'université, M. Kusakabé, image de la tolérance et de l’honnêteté, s'occupe très bien de ses filles et entre avec enthousiasme dans l'univers de leurs jeux. C'est lui qui leur a conseillé de crier et rire bruyamment pour chasser leurs peurs et pour faire fuir les fantômes.  
 
La mère : elle est le symbole des liens forts et uniques qui unissent l'adorable famille Kusakabé, malade de la tuberculose elle attend patiemment sa sortie de l’hôpital. Indirectement c’est elle qui met les fillettes sur la piste du Totoro.  
 
La grand-mère : elle s’occupait de la maison inhabitée et aide donc naturellement les Kusakabé à s’installer. Elle représente le passé et les traditions. Les deux fillettes lui rappellent son enfance où elle-même voyait les noireaudes et les esprits de la forêt.  
 
Kanta : petit garçon qui a le même âge que Satsuki et fréquente la même classe, par timidité, il préfère faire le dur comme tous les garçons de son âge.  
 
Les Noiraudes : de nature très peureuse, ce sont des petites bestioles noires, avec deux grands yeux mais sans pattes qui habitent les maisons abandonnées.  
 
Le chat-bus : c’est le transport en commun des esprits de la forêt, avec des astuces géniales tant dans l’ouverture des portes que dans le confort des sièges ! Adorable, il va aider dans l’histoire Satsuki à retrouver sa soeur et emmener les deux fillettes à l'hôpital voir leur mère.  
 
 
 
 
 
 
 
Les Totoros : ce sont les esprits majeurs de la forêt. Ils se nourrissent exclusivement de glands dont ils sont très friands. On en voit trois dans le film : le chibi (petit) Totoro, le chû (moyen) Totoro et le chô (gros) Totoro. Ils vivent cachés et silencieux dans le camphrier qui domine le jardin des Kusakabé.  
 
 
 
Réception et brève histoire du succès de Totoro. 
 
 
 
Mon voisin Totoro eut d’abord une réception « faible » avant de connaître véritablement un succès fulgurant. Ce film est le quatrième réalisé par Hayao Miyazaki. Ce film qui comprend moins d’actions que les précédents et pour diverses autres raisons paraît alors destiné avant tout aux enfants.  
 
Miyazaki le comprend fort bien, les entrées au cinéma ne sont que de 800000 spectateurs en 5 semaines. Cependant, Totoro a fait mouche auprès du jeune public et de leurs parents nostalgiques de leur enfance et des étés à la campagne. C’est à partir de 1990, avec la première diffusion à la télévision japonaise, que la popularité du film et du protagoniste explose. C’est d’ailleurs à partir de cet instant précis que Ghibli démarre le commerce de produits dérivés, et en particulier des peluches Totoro dont le succès est total.  
 
Comme je disais, le succès de Totoro est total, au point que celui-ci devient la mascotte de Ghibli, il figure bientôt sur le logo du studio.  
 
La chanson de son générique Sanpo – Watashi ha genki est, encore aujourd’hui, apprise et utilisée dans certaines écoles maternelles et élémentaires japonaises, notamment lors des fêtes d’école.  
 
 
 
Analyse. 
 
 
 
Mon Voisin Totoro est rempli d’éléments autobiographiques. Dans le livre d’art du film, Miyazaki explique que l’histoire est censée se passer dans les années 1950 (il était alors enfant/adolescent). On comprend du film que la mère de Satsuki et Mei souffre de tuberculose, ce qui explique son transfert à l’hôpital Shichikokuyama, réputé à l’époque pour son traitement de cette infection. Or, la mère de Miyazaki a lutté contre cette même maladie.  
 
Le réalisateur a grandi à Tokorozawa, à quelques petites dizaines de kilomètres au nord-ouest de Tokyo. La maison où emménage la famille du film pour se rapprocher de la mère se trouve à trois heures à pied de l’hôpital, soit environ une quinzaine de kilomètres. De plus, le père travaille en tant que professeur d’archéologie à l’Université de Tokyo, où il doit se rendre chaque jour. Le placement géographique a toutes les chances d’être également autobiographique. 
 
Mais on peut noter également deux autres inspirations flagrantes dans Mon Voisin Totoro. D’abord, celle de Panda Petit Panda, considéré comme le brouillon de Totoro. Puis celle d’Alice au Pays des Merveilles. Pour cette dernière inspiration/comparaison : on peut s’en apercevoir au moins à deux reprises. Quand Mei découvre le passage qui mène à l’antre de Totoro et qu’elle dévale, cela rappelle un passage célèbre d’Alice. Et sinon il y a le fameux Chat-bus qui, par son sourire étrange, nous fait penser au chat d’Alice.  
 
 
 
Quelles origines pour Totoro?  
 
 
 
Dans le film, Totoro est présenté comme étant un esprit de la forêt. Cependant, il n’y a aucune trace d’un être comme Totoro (physiquement je veux dire) dans la mythologie japonaise. Totoro, du moins, les Totoro (grand, moyen, petit) sont donc une invention de Miyazaki. On peut le voir comme un mélange de chat, de hibou et de tanuki (sorte de raton-laveur des contes et légendes japonaises). 
 
Cependant, si les origines de Totoro restent floues, il en va différemment du chat-bus. Le parallèle a déjà été fait avec le chat d’Alice, il convient maintenant d’aborder une vieille croyance japonaise: dans le folklore japonais, certains vieux chats de treize ans peuvent changer de forme, c’est ce qu’on appelle « baké-néko » (chat-monstre). Il y a sans doute une fusion de cette inspiration d’Alice et de cette légende.  
 
En 1980, Miyazaki est l’auteur d’un manga nommé : Mononoke Hime. Cette histoire raconte les aventures d’une jeune princesse forcée d’épouser un monstre, Mononoke, aux allures de Totoro mais en méchant. Voilà une histoire méconnue de Miyazaki qui est à la base de deux œuvres majeures : Mon voisin Totoro et Princesse Mononoke.   
 
  
 
Le projet est soumis en 1987 mais Miyazaki doit batailler ferme auprès des financiers et des distributeurs qui ne sont pas enthousiasmés par l'histoire de 2 fillettes associées à une sorte de monstre gentil. Un moment, le projet de Totoro est associé à un autre, Le tombeau des Lucioles. Finalement, les deux projets vont se dissocier. Avec Mon voisin Totoro, Miyazaki opère un véritable virage dans sa carrière. Il vise un jeune public et veut un film chaleureux. Même si le film n'est pas autobiographique, on constate des parallèles avec la vie de Miyazaki:  
 
  
 
- il évoque une période durant laquelle il était enfant;  
 
- les paysages ruraux que l'on voit dans le film sont des paysages qu'il a connu dans sa jeunesse;  
 
- l'histoire se déroule dans la préfecture de Saitama, là où réside Miyazaki.   
 
  
 
Au départ, des deux soeurs, seule Mei existait. Mais créer deux personnages, une cadette et une aînée, permet d'avoir deux visions différentes du monde, celle de la petite fille et celle de la préadolescente. Mei recherche un monde magique et fantastique, ce qui n'est pas le cas de sa soeur. Cependant, quand Satsuki est confrontée à ce genre de monde, elle l'accepte facilement (comme Alice dans Alice au pays des merveilles ou encore Wendy dans Peter Pan). Le père qui est adulte à encore une autre vision, il accepte une magie sous-jacente des lieux qui sont tout autour de lui.   
 
  
 
La trame de l'histoire, s'inspire d'un livre intitulé Les Glands et le chat sauvage de Kenji Miyazawa.   
 
 
 
 
 
  

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MessagePosté le: Sam 18 Avr - 20:38 (2015)    Sujet du message: Publicité

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The Crow


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MessagePosté le: Sam 18 Avr - 20:47 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Je posterai mon topic demain, vu que je l'avais fait. Wink
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Esus


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MessagePosté le: Sam 18 Avr - 20:52 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

The Crow a écrit:
Je posterai mon topic demain, vu que je l'avais fait. Wink  


Concernant Miyazaki et Ghilbi, j'ai déjà de nombreux topics prêts et j'ai des sources solides pour les origines, les analyses et la réception. Je ne dis pas ça pour t'empêcher de poster. Mais on devrait se concerter sur ce sujet dans l'avenir. 

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Athenais


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 09:20 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

J'ai des réserves sur ce film ! Je pense que je devrais le revoir car la seule et unique fois ou je l'ai vu j'en ai pas gardé de souvenirs marquants mais c'est quand même un film de Miyazaki donc je devrais persévérer et lui donner une chance .
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Esus


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 09:43 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Pour apprécier un film de Miyazaki, il faut selon moi plusieurs choses:  

 
- se laisser entraîner dans la magie (si le monde proposé est magique) et donc retrouver son âme d'enfant, analyser le monde effroyable (si le monde proposé est tel quel) et avoir un regard critique sur l'humanité; 
- avoir de nombreuses références intellectuelles, aussi bien occidentale qu'extrême orientale. D'un point de vue culturel, Miyazaki s'inspire de nombreux ouvrages venant d'Europe. Il faut ensuite avoir des bases solides sur les philosophies et croyances japonaises; 
- apprécier les histoires initiatiques; 
- apprécier les grandes histoires (celles qui peuvent influer le monde) comme les petites histoires (cercle privé, influence sur quelques personnes, une famille par exemple).  

 
Au-delà d'apprécier ou non un film de Miyazaki, il y a tellement à apprendre avec de l'observation, de l'analyse et une culture solide. Au-delà de ces éléments, si nous avons une sensibilité à la contemplation, à la poésie, au romantisme et à la sérénité, certains films nous ravirons. On peut apprécier à tous les âges, et plus on avance dans le temps, plus on découvre d'éléments nouveaux qui nous ouvrent les portes d'une autre culture.  

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Athenais


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 09:51 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Je sais pas pourquoi mais bien que j'adore les films de Miyazaki pour " mon voisin Totoro" et aussi pour " Kiki la petite sorcière" , j'ai pas accrochée !


Mais Totoro je l'ai vu qu'une fois alors je pense qu'un 2ème visionnage me ferait du bien , pour " Ponyo" au début j'avais pas accroché mais quand je l'ai revu un certain tmps plus tard j'ai apprécié ce film et maintenant je l'aime bien . Parcontre "Kiki, la petite sorcière"  je l'ai vu deux fois et j'ai pas accroché du tout 
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Esus


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 10:57 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Moi j'aime bien Kiki, même si cela n'est pas le sujet. Je posterai bientôt sur ce film donc on pourra en reparler. Ponyo pas vu du tout, donc pour le moment, je ne prévois pas de faire un sujet sur ce film.  

 
Après tout dépend de ce que tu recherches dans une oeuvre de fiction. Moi je recherche du rêve, de l'évasion, de la poésie mais aussi des références culturelles et des éléments à analyser. Donc forcément, je ne peux qu'être fan d'un film comme Totoro par exemple ou encore Kiki. Et puis après, on peut avoir ses préférences. Mais un travail de réflexion sur soi-même, en lien avec ce que l'on recherche, peut être nécessaire pour comprendre pourquoi on apprécie plus ou moins une oeuvre.  

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Athenais


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 10:59 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Kiki je me suis ennuyée en fait  Neutral
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The Crow


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 17:06 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Bon comme promis, voici mon post sur Totoro.


  

-Mon Voisin Totoro se présente comme Le Tombeau des Lucioles dans un Japon rural traditionnel et religieux avec des sols en bois recouverts de tatamis (paille de riz) et des cloisons coulissantes situé entre 1945 et 1955, dans une époque après-guerre avant l’invention de la télévision. Les paysages sont verdoyants et omniprésents et l'homme est plutôt proche de la nature. Avec ce film on peut facilement faire le parallèle entre le réalisateur et le film puisque l'histoire se déroule dans une maison en pleine nature, au milieu des rizières rappelant étrangement là où a habité Miyazaki durant sa jeunesse. Miyazaki avait expliqué que l’idée des Totoros lui était venue dans sa jeunesse, dans une forêt proche de son domicile, celui-il pensait qu’il existait des créatures effrayantes. Autre point personnel à soulever, c’est la mère de Satsuki et Mei, celle-ci est atteinte d’une maladie (sûrement la tuberculose), comme la mère de Miyazaki, qui a été alitée pendant la grande partie de son enfance.

-Il est difficile de définir la nature de Totoro : est-ce que celui-ci est réel ou est-il issu de l'imagination onirique des deux petites filles ? Si personne d'autre que Satsuki et Mei ne le voient en chair et en os, son existence n'est jamais clairement niée par les parents des deux filles… Satsuki et Meï auraient-elles imaginées cette rencontre dans le but d’échapper à leurs profondes angoisses en trouvant en Totoro un réconfort dans un passage de leur vie difficile ? On se souvient d’Alice suivant un lapin blanc dans les bois très pressé jusqu’à un terrier qui la conduira au pays des merveilles. Ici, c’est la même chose avec Mei qui suit le tout petit Totoro au fond des bois jusqu’à tomber dans un trou qui la mènera au gros Totoro. Mais est-ce que le film s’étend jusqu’à la même substance d’Alice aux pays des Merveilles. Dans le roman, on sait déjà que le pays des merveilles est une représentation du subconscient de l’héroïne. Doit-on alors appliquer la même formule à Mon Voison Totoro ?

-On peut se risquer à dire que c’est possible au vu des différents indices que laisse le long-métrage. Quand Mei poursuit le Totoro blanc, à un moment celui-ci disparait et réapparait brièvement, et si cela était dû au fait que Mei doive se concentrer très fort pour apercevoir ce Totoro ? La plupart des apparitions du Totoro colle avec l'endormissement de la jeune fille de 4 ans... Après avoir longuement jouée seule, Meï finit par s'endormir et la première fois que le Totoro surgit coïncide au moment où Meï s’endors. Certains effets de mise en scène semblent  montrer indirectement que les créatures sont issues de l’imagination débordante des enfants. Quand les noiraudes quittent la maison, on les voit clairement s’envoler de la maison mais le plan suivant, on voit Satsuki endormi dans son lit. Un raccord on ne peut plus clair qui laisse entrevoir la rêverie de la fillette.

-D’autres indices suppose que le Totoro serait issue de l’imagination débordante des fillettes. Lorsque Satsuki découvre le Totoro à l’arrêt d’autobus, le cri que pousse celui-ci rappelle étrangement le croassement d’un crapaud que l’on voit après dans le plan suivant. Etant fatiguée d'attendre le retour de son père, celle-ci aurait très bien pu imaginer le Totoro, influencée et excitée par les dires de Meï trouvant un réconfort pendant sa longue attente. Celle-ci aurait t’elle succombée à l'imagination débordante de sa petite sœur en imaginant à son tour sa rencontre avec le Totoro ? Quand le Totoro disparaît dans la nuit coïncide avec les phares du bus et le bruit de moteur qui va ramener les fillettes dans la réalité ! Tout comme le comportement des noiraudes qui rappelle drôlement le comportement des têtards qui s’enfuit dès qu’on met la main dans l’eau. Les noiraudes peuvent être vus comme une allégorie aux peurs enfantines de fillettes. Cependant certains points ne peuvent pas être expliqués par les rêves comme quand Satsuki rencontre Totoro, celle-ci lui remet un parapluie avec lequel il s'en va dans le chat-bus ! Nous avons parfaitement vu qu’elle le prend plus tôt dans le but de le donner à son père. C’est la présence de Satsuki, entre l’enfance et l’âge adulte qui crédibilise l’existence du Totoro. Comment expliquer aussi la séquence finale où leur mère trouve un épi de maïs à la fenêtre ? Les graines plantées données par le Totoro et plantées par les filles ont fait des pousses…

-La fin du film appuie sur ces différents points pour approuver l’existence des esprits de la forêt dont Satsuki fait appel pour retrouver sa sœur. Miyazaki a avoué que les fillettes ne reverraient plus jamais Totoro. Si Satsuki et Mei étaient restées dans le monde de Totoro, elles n’auraient pas pu revenir dans le monde réel.

-Totoro est l’image même de la pureté et de l’innocence. Il peut être assimilé à l’objet transitionnel de Winnicott. L’objet transitionnel apparait chez les enfants après la perception d’une différence entre son corps et celui d’un autre. L’enfant s’aperçoit que sa mère et lui sont deux personnes bien distinctes et qu’il est dépendant. Mais pour lutter contre des angoisses dépressives (comme Satsuki et Mei envers la situation de leur mère) et pour conserver un sentiment d’omnipotence, il va se trouver donc un objet transitionnel (comme le doudou par exemple). Cet objet est un objet « non-moi » mais aussi « moi » que l’enfant possède. Concrètement la mère est représentée au travers de cet objet en étant absente sans renvoyer à des angoisses dépressives. A travers cet objet, la mère est absente et présente en même temps. Totoro vient en aide à Satsuki quand la mère des deux filles est à l’hôpital. Face à ses angoisses dépressives où la perte de l’objet est imminente, l’angoisse ressort vers la fin du film, où les deux filles apprennent qu’il y’a un problème avec leur mère, Totoro permet de contenir et de garder le contrôle sur ses angoisses. C’est cette même angoisse de perte qui amènera Mei à rendre visite à sa mère. A un moment du film, on voit Mei dire que lorsque sa mère reviendra, ils dormiront ensemble, plus tard dans le film après sa rencontre avec Totoro, elle dormira sur son ventre. Malgré l’absence de sa mère, Mei s’endort avec Totoro comme un enfant qui dort avec son doudou.

-Que Totoro soit réel ou imaginé, on s’en fiche parce qu’il est l’expression de tout ce que l’on peut avoir de bon en nous. On ne peut pas vraiment croire qu’il soit simplement une imagination car cela reviendrait à dire que toute cette bonté n’est que du fantasme. Comme une fée, le gracieux Totoro n'existerait que si l'on croyait en lui, et qui d'autre que les enfants pour lui permettre d'exister ? Totoro est bien plus qu'un simple nounours : c'est le pouvoir de l'imagination capable de faire face à une dure réalité toujours avec le sourire. Comment ne pas s’extasier quand il permet aux filles de faire croître un arbre gigantesque de la terre, que l’on peut clairement identifier à un imaginaire qu’il faut faire grandir. Au Japon, dans certaines familles, les parents font poussés des arbres à la naissance de l’enfant afin qu’ils grandissent en même temps. Le fait que Miyazaki use grandement d’illustrations de la nature comme un prisme à l’émanation de la magie ne fait qu’accroitre ce sentiment de pureté universellement réjouissant. Totoro permet aux filles d’éviter les angoisses dépressives suite à l’absence de la mère, et leur permet de grandir. Le retour de leur mère à la maison marque donc la fin de cette aventure extraordinaire et enchantée, pendant laquelle les esprits de la forêt ont accompagné les jeunes filles dans cette phase difficile d'absence de leur mère.

-Les différentes personnalités des deux filles offre un point de vue intéressant : Mei est encore très petite et peut assimiler le fantasmatique et l’intangible à sa réalité alors que sa sœur Satsuki, est montrée comme bien plus rationnelle et responsable lorsqu’elle assume quasiment le rôle de mère à la maison (sur certains points, elle a dû s’adapter à son absence et grandir trop vite pour son âge). Miyazaki a rendue son personnage humain et imparfait lorsqu’il l’a faite pleurer. Les Totoro et les esprits de la forêt ne sont pas perceptible ni audibles par les adultes. Les adultes ressentent leurs mouvements par des coups de vents comme lors de la course du chat-bus. Quand les filles disent en avoir vu, la grand-mère leur explique qu’elle le pouvait également étant petite. Les enfants ont cette innocence que les adultes ont perdue en grandissant.

-Le rapport à l'imaginaire du film est très présent. Sortie de l'enfance, Satsuki se soucie guère de trouver un monde fantastique dans la campagne et va à ses occupations mais étant sorti de l’enfance récemment elle acceptera néanmoins cet univers fantastique lorsqu'elle y sera confrontée. Leur père appartient au monde des adultes et celui-ci est trop occupé par son travail pour se rendre compte de la magie des lieux. Miyazaki dit qu'il voit ses films comme des divertissements, sans retenir de messages particuliers. Cependant, on peut sentir ses intentions, le titre nous fait clairement comprendre que les humains et le reste de la nature sont des voisins. A chaque fois que je vois ce film, Miyazaki nous semble dire « regardez cette belle campagne, il faut la préserver »

-Les thèmes du film restent divers et variés mais chers à Miyazaki, le film est un hymne à la nature et à ses merveilles cachées. De beaux paysages naturels, avant que l'homme n'use de sa folie de destruction. On découvre des animaux qui semblent surnaturels proches de la nature. De l'enfance qui possède la faculté de s'émerveiller et d’accéder à la magie. Le thème de la famille avec un père qui s'occupe des enfants pendant que la maman est à l'hôpital. Réflexion sur la disparition du merveilleux.

-Mon Voisin Totoro c’est aussi des références à la religion comme l'a dit Esus et plus particulièrement le bouddhisme qui se traduit par des icônes repérables facilement dans le film et le shintoïsme une religion antérieure au bouddhisme qui honore des divinités, personnifications des forces de la nature. Plusieurs passages du film y est fait allusion comme la scène du retour à la maison sous la pluie où Satsuki et Mei s’abritent sous un temple bouddhiste ou lorsque Mei se perd, on aperçoit des statues qui représentent Jizo considéré comme le protecteur des enfants.
 
-Parlons maintenant du scénario de Mon voisin Totoro, Miyazaki réalise un film sans réelle intrigue où il ne se passe pas grand chose mais le tout y est fait avec une grande efficacité. C’est un livre d’images aux couleurs chatoyantes et aux musiques entraînantes. La structure narrative du métrage est construite par bonds successifs et sur une suite d’événements de la vie quotidienne de deux enfants. Le film décrit 5 jours complets et une nuit, à quoi s’ajoutent un moment intermédiaire de passage de plusieurs jours (au moment du retour des deux filles qui racontent leur rencontre avec les Totoros), puis un écoulement de jours heureux en images fixes dans le générique de fin. Mon voisin Totoro est une perle dont la réussite tient probablement du génie de la mise en scène de Miyazaki, celui-ci « joue » intelligemment entre un monde magique et un monde très réaliste. Les décors qui sont une marque de qualité chez Miyazaki sont comme toujours extrêmement travaillés et peaufinés jusqu’aux moindres détails : les couleurs, les tuiles des toits, les feuilles des arbres, l’ondulation de l’eau. Il y a là un travail important sur les changements de lumière et sur les différentes teintes de couleurs.
 
-Les répliques du film et les personnages sont parfaitement écrits et font mouche à chaque fois comme quand Mei fait tout ce que Satsuki fait. Devant de telles scènes, on ne peut qu’admirer le travail de Miyazaki, toujours à la recherche du geste, de la réplique ou de la mimique juste. Avec des personnages aussi bien développés, aussi bien écrits, aussi attachants provoque chez le spectateur une identification immédiate et un retour à son enfance avec une subtilité rarement égalée. C’est ce choix d'un monde fantastique et onirique apaisant qui apporte au film ce charme bien singulier qui fait nous pouvons facilement nous identifier au point de nous dire que cette rencontre est à la portée de tous si l'on sait voir plus loin que ce nos yeux disent pour retrouver notre âme d'enfant.

Conclusion : Mon voisin Totoro est un film doté d'une richesse et d'une profondeur extraordinaire. La beauté du film vient principalement de ce rapport mystique avec la nature et des rêveries enfantines. Miyazaki réussit à rendre un univers fantastique, plausible, et merveilleux qui enchante les enfants et plonge les adultes dans des abîmes de la nostalgie enfantine. Une véritable pépite de l’animation japonaise par sa mise en scène, ses influences et ses références. Une hymne universelle à l'enfance et à sa magie. Mon Voisin Totoro reste une œuvre phare de la filmographie de Miyazaki que l’on peut voir sans modération. 
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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 17:35 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Excellent et très intéressant. 


Pour moi Totoro existe bel et bien. Mais le jeu innocence de l'enfance/passage à l'âge adulte explique le fait que des personnages puissent le voir et d'autres non. Et l'inspiration du chat-bus venant du folklore japonais va dans ce sens aussi je pense. Mais comme tu disais, cela importe peu. 


Mon voisin Totoro est une histoire de voisinage entre humains et créatures sylvestres, sans doute des esprits (shintoïsme). Miyazaki déclara lui-même: "Les enfants japonais, avec les progrès de la technique, finissent par oublier les détails de la vie. Avec Mon voisin Totoro, je voulais décrire la nature japonaise. Elle a été en partie détruite, mais elle existe encore, et je voulais montrer cela. J'ai fait beaucoup de films qui se passent à l'étranger; je voulais revenir à mon pays natal, montrer la beauté sauvage de la nature japonaise. Ce fut ma motivation première". 


Notons que Totoro devient la mascotte du studio. Voilà pourquoi on le voit à chaque début de film du studio Ghibli et aussi, pourquoi il nous accueille au musée Ghibli à Tokyo. 


 

 
Mei et Satsuki renvoient au mois de mai. Satsuki est le nom traditionnel du mois et Mei peut être vue comme la transcription phonétique du mot anglais, may.  

 
Dans les poèmes japonais, les haiku, l'emploi du nom du mois est un kigo, c'est-à-dire qu'il renvoie à toutes les activités humaines et animales qui correspondent en plus d'évoquer la saison.  

 
La scène de la rencontre de Totoro par Satsuki renvoie à plusieurs traditions japonaises et à plusieurs kigo: 

 
- l'été est considéré comme le pire saison au Japon, elle commence par le travail dans les rizières et se poursuit sur la saison des pluies. La chaleur est insupportable. L'été renvoie à de longue période d'inaction, il faut juste attendre que la pluie cesse. Cette saison est celle des fantômes et des monstres qui reviennent hanter les humains (on pourrait réutiliser cela pour le débat existe/existe pas). L'été est  donc une saison propice à la rencontre avec des esprits; 

 
- pour cette scène, nous retrouvons donc la saison des pluies, le ciel noir, la pluie qui tombe sans s'arrêter, tout cela appel à l'irréel quelque part. On retrouve dans cette scène l'ambiance de cette saison (omniprésence de la flore, l'eau qui est partout, brume etc). Dans cette scène, la pluie déforme les images et les sons, cela nous fait voir un monstre qui peut s'effacer l'instant d'après. Alors que la scène reforme toute une ambiance précise, Totoro arrive tranquillement. Il y a intrusion pacifique du fantastique dans le monde réel; 

 
- l'arrivée de Totoro dans cette scène est aussi annoncée par une référence culturelle. Mei trouve derrière un arbre, un petit temple shintô qui est dédié au renard. Le renard, dans le folklore japonais, peut se transformer en tout ce qu'il veut, même en humain. La présence de ce temple montre que l'espace où se trouve les fillettes est dédié aux kitsune et donc, la prudence doit être au rendez-vous.  

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Athenais


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 18:13 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Je me souviens que la musique m'avait saoulé par moment alors que j'adore les musiques des films Ghiblis 


j'étais peut-être pas dans de bonnes dispositions quand je l'ai vu 
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Esus


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 19:38 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

La musique est plutôt destinée à un jeune public, l'une des chansons de Totoro est toujours très apprise dans l'équivalent des maternelles japonaises. J'avoue que les musiques de Totoro ne sont pas non plus mes préférées. 
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The Crow


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 19:43 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Ce n'est pas une de mes préféres non plus, mais cette musique a le mérite de participer à l'aspect très enfantin et innocent du métrage. Si on se remet dans le contexte du film, la musique est très adapté et s'intègre parfaitement. Wink
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Esus


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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 19:46 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

The Crow a écrit:
Ce n'est pas une de mes préféres non plus, mais cette musique a le mérite de participer à l'aspect très enfantin et innocent du métrage. Si on se remet dans le contexte du film, la musique est très adapté et s'intègre parfaitement. Wink


Tout à fait d'accord. 
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MessagePosté le: Dim 19 Avr - 20:15 (2015)    Sujet du message: Mon voisin Totoro. Répondre en citant

Esus a écrit:
La musique est plutôt destinée à un jeune public, l'une des chansons de Totoro est toujours très apprise dans l'équivalent des maternelles japonaises. J'avoue que les musiques de Totoro ne sont pas non plus mes préférées. 





Oui y avait un passage en particulier ou la musique m'avait saoulé , c'était un passage ou la gamine faisait des bêtises , la petite !
je m'en souviens très peu en fait  Mr. Green
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:57 (2018)    Sujet du message: Mon voisin Totoro.

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